Dans les Chroniques passéistes et futuristes qui suivent, j'ai voulu autant que possible rompre avec la tradition de l'auteur omniscient et omnipotent. J'ai voulu même donner aux personnages principaux une autonomie maximale, incluant la rédaction du texte, pour ne me réserver que la "mise en scène" globale des chroniques en question.
Affabulation que tout cela, me direz-vous. Un auteur qui opte pour le genre fiction à moins de s'adonner au plagiat est, par nature, un deus ex-machina, maître de la vie et de la mort de ses personnages...
C'est vrai, mais je ne suis pas le premier à rejeter le principe de l'auteur omniscient et omnipotent, et ceux qui l'ont fait sont partis du constat que le dit auteur est assujetti aux limitations inhérentes aux simples mortels.
Très bien, va pour cet artifice. Cependant, on ne voit pas comment la restriction des pouvoirs de l'auteur serait susceptible de bénéficier à l'œuvre...
Moi je prétends que oui : dans la mesure où les champs de décision et d'action sont transférés aux personnages, ceux-ci sont à même des les approfondir et de les élargir... Pour vous faire comprendre ce paradoxe, je vous propose la comparaison avec les relations entre le Dieu pantocrator de la tradition judéo-chrétienne et ses créatures terrestres. Lui est effectivement (tout au moins pour les croyants) omniscient et omnipotent ; mais cela n'a pas empêché les dites créatures fussent-telles fort dévotes comme Copernic, Pascal, Teilhard de Chardin, Lemaître, etc. de chercher à en savoir plus que ce que Ses Saintes Écritures voulaient bien en dire, de son monde !
Votre parallèle ne tient pas : un auteur n'est pas, lui, omniscient et omnipotent !!!
Si, justement : dans son domaine à lui, il l'est par définition. Donc je maintiens que la symétrie est valable. Et la logique permet d'en déduire que si les créatures du Dieu pantocrator sont susceptibles de tant d'initiatives dans Son propre domaine, on ne voit pas pourquoi celles de l'auteur ne seraient pas foutues d'en faire autant dans le domaine de la littérature, naturellement ! CQFD.
En conclusion, permettez-moi de vous souhaiter bonne lecture.